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Mâchoire et visage

Mâchoire qui craque, se bloque ou fait mal : la kinésithérapie maxillo-faciale

Par l'équipe du cabinet CR SantéPublié le 5 min de lecture

Illustration : un kinésithérapeute pose les mains sur la mâchoire d'une patiente allongée

Craquements, douleur devant l'oreille, bouche difficile à ouvrir : la mâchoire peut devenir gênante au quotidien. Ces troubles, appelés dysfonctionnements temporo-mandibulaires, sont fréquents et beaucoup ne durent qu'un temps. Le dentiste ou le médecin pose le diagnostic, et la kinésithérapie maxillo-faciale fait partie des prises en charge possibles.

Comment fonctionne l'articulation de la mâchoire ?

L'articulation temporo-mandibulaire (ATM) relie la mâchoire inférieure (la mandibule) au crâne, juste devant l'oreille. Il y en a deux, une de chaque côté, qui travaillent ensemble. Elles sont mises en mouvement par les muscles de la mastication, dont le masséter sur la joue et le temporal sur la tempe. Un petit disque s'intercale dans chaque articulation.

On parle de dysfonctionnements temporo-mandibulaires (DTM) pour désigner un ensemble de plus de 30 troubles qui causent douleur et gêne au niveau de l'articulation et des muscles qui la font bouger. Selon une recommandation internationale publiée dans le BMJ en 2023, ils touchent 6 à 9 % des adultes dans le monde. C'est la deuxième cause de douleur chronique de l'appareil locomoteur, après la lombalgie, le mal de bas du dos. Ces troubles sont plus fréquents chez les femmes.

Quels sont les signes d'un dysfonctionnement ?

Les signes les plus courants sont :

  • une douleur des muscles de la mâchoire ou de l'articulation, devant l'oreille, sur la joue ou sur la tempe ;
  • une raideur, une ouverture de la bouche limitée ou un blocage de la mâchoire ;
  • des craquements, claquements ou frottements douloureux quand vous ouvrez ou fermez la bouche ;
  • parfois des maux de tête ou des douleurs d'oreille.

Un craquement qui ne fait pas mal est fréquent : il est considéré comme normal et ne demande pas de traitement.

La cause exacte reste souvent inconnue. Les recherches évoquent un ensemble de facteurs : prédisposition génétique, stress, façon dont chacun perçoit la douleur, parfois un traumatisme. Selon l'institut américain de recherche dentaire (NIDCR), une mauvaise position des dents ou un traitement d'orthodontie ne sont pas des causes démontrées.

Et le bruxisme ?

Le bruxisme consiste à serrer ou à grincer des dents, pendant le sommeil ou dans la journée. Ce serrage, comme d'autres habitudes (mâchonner un chewing-gum, se ronger les ongles), sollicite les muscles de la mâchoire. Réduire ces habitudes fait partie des conseils de base. Le dentiste peut proposer une gouttière dans certaines situations, après un diagnostic ; son intérêt contre la douleur est discuté.

Qui pose le diagnostic ?

Le diagnostic revient au dentiste ou au médecin. Il repose sur vos symptômes et sur l'examen de la tête, du cou, du visage et de la mâchoire. Aucun examen ne suffit à lui seul : une radiographie, une IRM ou un scanner peuvent être demandés, notamment pour écarter d'autres causes. Les sociétés savantes françaises de stomatologie et de chirurgie maxillo-faciale rappellent qu'une gouttière ne peut pas être proposée sans diagnostic préalable.

Les recommandations s'accordent sur un point : commencer par des traitements simples et réversibles. Les traitements qui modifient définitivement les dents, la façon dont elles s'emboîtent (l'occlusion) ou l'articulation ne sont pas conseillés en première intention. Si une kinésithérapie est indiquée, elle se fait sur prescription.

Que fait le kinésithérapeute ?

Après un bilan (ouverture de la bouche, mouvements de la mâchoire, douleur, posture, habitudes), le kinésithérapeute propose un programme adapté. Il peut associer :

  • des exercices encadrés d'étirement et de mobilité de la mâchoire, à poursuivre chez vous ;
  • des techniques manuelles : mobilisation de l'articulation, travail sur les muscles de la mastication ;
  • des exercices de posture ;
  • des explications sur le trouble et des conseils pour le quotidien : alimentation plus molle pendant les périodes douloureuses, chaleur ou froid sur la joue associés aux exercices, repérage du serrage des dents dans la journée, sommeil, relaxation.

Pour la douleur qui dure depuis plus de 3 mois, la recommandation publiée dans le BMJ se prononce fortement en faveur des exercices encadrés de la mâchoire, des mobilisations réalisées par un thérapeute, des techniques manuelles sur les muscles, des exercices de posture et de l'éducation. Elle recommande aussi la thérapie cognitivo-comportementale, une forme de psychothérapie qui aide à faire face à la douleur, proposée notamment par des psychologues : voyez notre article sur la première consultation chez un psychologue. Les recommandations britanniques ajoutent que la plupart des personnes s'améliorent lorsque des mesures simples et réversibles sont mises en place tôt.

Après une chirurgie de la mâchoire

Après une chirurgie de la mâchoire, par exemple une chirurgie orthognathique (qui repositionne les mâchoires), l'ouverture de la bouche est souvent limitée au début et revient peu à peu. Le chirurgien peut prescrire des séances de kinésithérapie : drainage lymphatique manuel pour réduire le gonflement du visage (l'œdème), puis, si besoin, rééducation de la position de la langue. Le kinésithérapeute suit les consignes de l'équipe chirurgicale, notamment pour l'alimentation et la reprise des activités.

Quand consulter ?

Consultez votre dentiste ou votre médecin si la douleur dure ou s'aggrave malgré des mesures simples. Les recommandations britanniques conseillent de demander un autre avis en l'absence d'amélioration après 6 à 8 semaines.

Consultez rapidement un médecin en cas de :

  • gonflement ou masse du visage ou du cou, ganglions ;
  • fièvre avec gonflement et difficulté à ouvrir la bouche ;
  • ouverture de la bouche qui se limite brutalement, ou de plus en plus ;
  • douleur en crampe de la mâchoire, de la langue ou de la tempe, surtout avec des troubles de la vue ;
  • engourdissement ou faiblesse du visage, perte de poids inexpliquée ;
  • dents qui ne s'emboîtent plus comme avant ;
  • plaie dans la bouche ou voix enrouée depuis plus de 3 semaines ;
  • douleur du visage alors que vous avez déjà eu un cancer.

Attention : une douleur de la mâchoire associée à une douleur ou à une sensation d'étau dans la poitrine, parfois dans le bras ou le dos, peut être le signe d'un infarctus. Appelez immédiatement le 15.

En cas d'urgence, appelez le 15 (ou le 112).

Au cabinet CR Santé

Au cabinet CR Santé, au centre de Grasse, la kinésithérapie maxillo-faciale fait partie des domaines de pratique de Maelig Edouard, kinésithérapeute. Les séances ont lieu sur prescription médicale, au cabinet, avec la carte Vitale et le tiers payant. Le cabinet est ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h 30, et le samedi sur rendez-vous. Pour en savoir plus, consultez la page kinésithérapie maxillo-faciale.

Questions fréquentes

Ma mâchoire craque mais ne me fait pas mal : faut-il s'inquiéter ?

En général, non. Un bruit de l'articulation qui ne fait pas mal est fréquent et ne demande pas de traitement. Consultez votre dentiste s'il s'accompagne de douleur ou de blocage.

Qui consulter en premier ?

Votre dentiste ou votre médecin traitant. Ils examinent la mâchoire, recherchent d'autres causes et, si besoin, prescrivent des séances de kinésithérapie.

La gouttière est-elle indispensable ?

Non. Le dentiste peut en proposer une dans certaines situations, après un diagnostic. Son intérêt contre la douleur chronique est discuté ; les exercices et les conseils du quotidien restent la base de la prise en charge.

Sources

  1. Management of chronic pain associated with temporomandibular disorders: a clinical practice guideline, BMJ (Busse et al.), 2023 (nouvel onglet)
  2. TMD (Temporomandibular Disorders), National Institute of Dental and Craniofacial Research (NIH, États-Unis), 2026 (nouvel onglet)
  3. Management of painful Temporomandibular disorder in adults, NHS England (GIRFT) et Royal College of Surgeons, Faculty of Dental Surgery, 2025 (nouvel onglet)
  4. Orthèses (gouttières) occlusales : indications dans les dysfonctionnements temporo-mandibulaires (DTM) - Recommandations de bonne pratique, Société française de stomatologie, chirurgie maxillo-faciale et chirurgie orale (SFSCMFCO), 2016 (nouvel onglet)
  5. La chirurgie orthognatique, CHRU de Tours, service de chirurgie maxillo-faciale, 2020 (nouvel onglet)
  6. Reconnaître un infarctus (ou crise cardiaque) et agir au plus vite, Assurance Maladie (ameli.fr) (nouvel onglet)

Article d'information générale, rédigé à partir des sources citées : il ne remplace pas l'avis de votre médecin ni une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 (ou le 112).