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Enfants

Kinésithérapie de l'enfant : à quoi ressemble une séance ?

Par l'équipe du cabinet CR SantéPublié le 5 min de lecture

Illustration : une kinésithérapeute guide un enfant sur un parcours d'équilibre

Un nourrisson qui tourne toujours la tête du même côté, un enfant qui se remet d'une entorse, un adolescent sportif qui a mal au genou : la kinésithérapie de l'enfant concerne des situations très variées. Elle se fait sur prescription médicale et s'adapte à l'âge de l'enfant. Voici à quoi ressemble une séance et comment vous pouvez y participer.

Pour quels motifs un enfant voit-il un kinésithérapeute ?

Le torticolis et la tête plate du nourrisson

Le torticolis du nourrisson se traduit par une tête souvent tournée ou penchée du même côté. Il peut être lié à une posture ou à un muscle du cou trop tendu. Il peut s'accompagner d'une déformation crânienne positionnelle (DCP), c'est-à-dire d'un aplatissement d'une partie du crâne, à force d'appuyer toujours au même endroit. On parle aussi de plagiocéphalie.

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de vérifier la mobilité du cou chez un nourrisson qui a une tête plate. En cas de torticolis ou de mobilité réduite du cou, elle recommande une kinésithérapie, auprès d'un kinésithérapeute à orientation pédiatrique, et le plus tôt possible. Les séances complètent alors les conseils de position donnés aux parents. Le casque (orthèse crânienne) n'est indiqué que dans de très rares cas, et seulement par des équipes dédiées.

Le développement moteur

Certains enfants présentent des troubles du tonus (la fermeté des muscles), de la posture ou du développement de la motricité, par exemple pour tenir assis ou pour marcher. Dans ses recommandations de 2020 sur le repérage des troubles du neurodéveloppement, la HAS cite la kinésithérapie, avec l'ergothérapie et la psychomotricité, parmi les prises en charge possibles. C'est le médecin qui évalue le développement de l'enfant et qui l'oriente.

Après une entorse ou une fracture

Une fois la phase d'immobilisation terminée, le médecin peut prescrire une rééducation. Elle vise à retrouver la mobilité, la force et l'équilibre, puis à reprendre progressivement l'école, le jeu et le sport. Pour la cheville, voyez aussi notre article sur l'entorse de la cheville.

Les douleurs de croissance du jeune sportif

La maladie d'Osgood-Schlatter touche surtout des enfants sportifs de 10 à 15 ans. Elle est bénigne et liée à la croissance : le tendon de la rotule tire sur une zone de croissance du tibia, juste sous le genou. Elle provoque des douleurs à l'avant du genou, pendant ou après le sport, ou en position à genoux, souvent avec une bosse sous la rotule. Les symptômes disparaissent en général avec la fin de la croissance.

La Société française d'orthopédie pédiatrique (SoFOP) conseille un repos sportif pendant les poussées douloureuses et des étirements réguliers du quadriceps, le muscle de l'avant de la cuisse. Elle précise que le diagnostic seul ne justifie pas une dispense de sport prolongée. Sur prescription, le kinésithérapeute peut apprendre ces étirements à l'enfant et l'aider à adapter son activité.

Comment se déroule une séance ?

La première séance commence par un bilan. Le kinésithérapeute vous interroge sur l'histoire de votre enfant, observe ses mouvements, sa posture et sa façon de jouer, puis réalise des tests adaptés à son âge. Il vous explique ensuite les objectifs et le déroulement des séances.

La présence du parent

Chez le nourrisson et le jeune enfant, un parent assiste en général à la séance. Votre présence rassure l'enfant et vous permet de poser vos questions. C'est aussi le moment d'apprendre les gestes et les positions à reprendre à la maison. Avec un adolescent, la place du parent se discute avec lui.

La place du jeu

Chez l'enfant, la séance passe souvent par le jeu : un jouet pour inciter le bébé à tourner la tête, un ballon, un parcours d'équilibre pour le plus grand. Le jeu permet d'obtenir les mouvements recherchés tout en gardant l'enfant motivé. Le kinésithérapeute adapte la durée et le rythme des exercices à l'âge et à la fatigue de l'enfant.

Que faire à la maison ?

Ce que vous faites à la maison prolonge le travail des séances. Pour le nourrisson, la HAS et l'Assurance Maladie conseillent :

  • de varier les positions de votre bébé et d'encourager les rotations de sa tête des deux côtés, par exemple avec la voix ou un jouet ;
  • de l'installer souvent sur le ventre, sur un tapis d'éveil, lorsqu'il est réveillé et toujours sous votre surveillance ;
  • de le coucher sur un matelas ferme, sans oreiller ni couette, dans une gigoteuse adaptée à sa taille.

Attention : pour dormir, couchez toujours votre bébé sur le dos, à plat, même s'il a la tête plate. Ne le couchez jamais sur le ventre ou sur le côté pour corriger une déformation : la HAS rappelle que la prévention de la tête plate ne doit pas augmenter le risque de mort inattendue du nourrisson.

Pour l'enfant plus grand, faites les exercices montrés en séance par courtes séquences, si possible sous forme de jeu. Pour le jeune sportif, gardez le lien avec l'entraîneur afin d'adapter l'entraînement pendant les périodes douloureuses.

Quand consulter ?

Parlez-en à votre médecin ou au pédiatre si :

  • votre bébé tourne toujours la tête du même côté, ou si une partie de son crâne s'aplatit ;
  • votre enfant ne progresse plus, ou perd des acquisitions (il ne fait plus ce qu'il savait faire) ;
  • vous êtes inquiet pour son développement : la HAS considère l'inquiétude des parents comme un signal à prendre en compte ;
  • votre enfant sportif a mal au genou de façon durable, ou si la douleur le gêne pour marcher.

Consultez rapidement si la douleur réveille votre enfant la nuit, si elle s'accompagne de fièvre ou d'une fatigue inhabituelle, ou si elle apparaît après une chute.

En cas d'urgence, appelez le 15 (ou le 112).

Au cabinet CR Santé

Au cabinet CR Santé, au centre de Grasse, la pédiatrie fait partie des domaines de pratique de deux kinésithérapeutes : Célia Gabet et Marion Delorme, qui pratique aussi la kinésithérapie respiratoire de l'enfant. Les séances ont lieu sur prescription médicale, au cabinet ou à domicile dans le centre de Grasse, avec la carte Vitale et le tiers payant. L'accès au cabinet est facilité pour les personnes à mobilité réduite. Pour en savoir plus, consultez la page kinésithérapie de l'enfant.

Questions fréquentes

Les parents peuvent-ils assister à la séance ?

Oui. Un parent est en général présent, surtout chez le tout-petit. C'est aussi l'occasion d'apprendre les gestes et les positions à reprendre à la maison.

Faut-il une ordonnance pour la kinésithérapie d'un enfant ?

Oui. Pour être prise en charge par l'Assurance Maladie, la kinésithérapie se fait sur prescription médicale, par exemple du médecin traitant ou du pédiatre.

Mon enfant a une maladie d'Osgood-Schlatter : doit-il arrêter le sport ?

Pas forcément. Un repos sportif est conseillé pendant les poussées douloureuses, mais le diagnostic seul ne justifie pas une dispense prolongée. Suivez l'avis de votre médecin.

Sources

  1. Prévention des déformations crâniennes positionnelles (DCP) et mort inattendue du nourrisson, Haute Autorité de santé, 2020 (nouvel onglet)
  2. Troubles du neurodéveloppement - Repérage et orientation des enfants à risque, Haute Autorité de santé, 2020 (nouvel onglet)
  3. Comment bien coucher un bébé ?, Assurance Maladie (ameli.fr), 2019 (nouvel onglet)
  4. La maladie d'Osgood Schlatter, Société française d'orthopédie pédiatrique (SoFOP), 2020 (nouvel onglet)
  5. Les faits en bref : maladie d'Osgood-Schlatter, Manuels MSD pour le grand public, 2025 (nouvel onglet)

Article d'information générale, rédigé à partir des sources citées : il ne remplace pas l'avis de votre médecin ni une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 (ou le 112).