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Respiration

Essoufflement et maladie respiratoire chronique : bouger pour mieux respirer

Par l'équipe du cabinet CR SantéPublié le 5 min de lecture

Un homme pose les mains sur sa poitrine et son ventre pour respirer, en extérieur

Avec une maladie respiratoire chronique comme la BPCO, l'essoufflement pousse souvent à moins bouger. C'est pourtant l'inverse qui est recommandé : l'activité physique fait partie du traitement. La réhabilitation respiratoire vise à vous faire reprendre une activité adaptée, avec un encadrement.

BPCO et maladies respiratoires chroniques : de quoi parle-t-on ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie respiratoire chronique définie par une obstruction permanente des voies aériennes. Elle se manifeste par une toux, des crachats souvent le matin et un essoufflement, que les médecins appellent dyspnée. Celui-ci apparaît d'abord à l'effort, puis pour des efforts de plus en plus petits, et parfois au repos. L'arrêt du tabac fait partie de la prise en charge, quel que soit le stade de la maladie.

D'autres maladies respiratoires chroniques peuvent aussi limiter l'effort. La réhabilitation respiratoire a surtout été étudiée dans la BPCO, mais les sociétés américaine et européenne de pneumologie (ATS et ERS) soulignent son intérêt dans d'autres maladies respiratoires chroniques. C'est le médecin, souvent le pneumologue, qui en pose l'indication.

Pourquoi l'essoufflement fait-il moins bouger ?

Quand chaque effort essouffle, on a tendance à l'éviter. Moins sollicités, les muscles, en particulier ceux des jambes, perdent de leur force et de leur endurance : c'est le déconditionnement. Le moindre effort devient alors plus difficile, ce qui pousse à bouger encore moins. La Haute Autorité de santé (HAS) parle de « spirale négative du déconditionnement ».

La HAS rappelle aussi que l'inactivité physique et la sédentarité sont des facteurs de risque d'aggravation de la maladie. L'Assurance Maladie souligne, de son côté, un risque de handicap lié à la réduction de l'activité quotidienne, notamment à cause de l'essoufflement. Pour sortir de cette spirale, l'activité physique fait partie du traitement, avec un niveau adapté à chacun.

La réhabilitation respiratoire, comment ça se passe ?

La réhabilitation, ou réadaptation, respiratoire est un traitement sans médicament. Selon la HAS, elle associe :

  • un réentraînement à l'exercice, avec reprise d'activités physiques adaptées ;
  • une éducation thérapeutique, pour apprendre à connaître la maladie, les traitements et les signes d'alerte ;
  • selon les besoins, une aide à l'arrêt du tabac, un suivi nutritionnel et un accompagnement psychologique et social.

Elle est proposée dès que l'essoufflement, une mauvaise tolérance à l'effort ou une baisse des activités quotidiennes persistent malgré un traitement médicamenteux bien ajusté. Elle peut aussi être prescrite après une hospitalisation pour une exacerbation, c'est-à-dire une poussée de la maladie. Avant de commencer, le médecin évalue votre état, par exemple avec une mesure du souffle (spirométrie) ou un test de marche. Le stage comprend au moins 12 séances, habituellement 20, sur 6 à 12 semaines, à raison de 2 à 3 séances par semaine en ambulatoire. Il peut avoir lieu à l'hôpital, en hôpital de jour, en ville, par exemple dans un cabinet de kinésithérapie, ou à domicile.

Selon la HAS, la réhabilitation respiratoire améliore la capacité d'exercice et la qualité de vie, réduit l'essoufflement, l'anxiété et la dépression liées à la maladie, et diminue le nombre d'hospitalisations.

Le réentraînement à l'effort

Après un bilan, les séances associent un travail d'endurance, sur vélo, sur tapis de marche ou en marchant, et un renforcement musculaire. La Société de pneumologie de langue française (SPLF) recommande un réentraînement des membres inférieurs, à raison de 30 à 45 minutes par séance, 3 à 5 fois par semaine. L'intensité est ajustée à votre essoufflement et à vos capacités, sous la surveillance du professionnel.

Le désencombrement bronchique de l'adulte

Lorsque les bronches produisent beaucoup de sécrétions, le kinésithérapeute peut, sur prescription, aider à les évacuer. La SPLF recommande d'utiliser et d'enseigner les techniques qui jouent sur le débit de l'air expiré, c'est-à-dire des expirations contrôlées, plus ou moins lentes et profondes. Le but est aussi que vous sachiez les pratiquer seul au quotidien. En revanche, les percussions sur le thorax, manuelles ou mécaniques, ne sont pas recommandées.

Bouger au quotidien : par où commencer ?

Sans entretien, les bénéfices de la réhabilitation s'estompent en 6 à 12 mois. La HAS conseille une activité physique personnalisée 3 à 5 fois par semaine, pendant 30 à 45 minutes. La SPLF recommande de la poursuivre toute la vie, en choisissant une activité qui vous plaît.

Quelques repères pour commencer :

  • choisissez une activité simple et régulière, comme la marche, le vélo, la natation ou le jardinage ;
  • comptez aussi les gestes de la vie courante, comme monter les escaliers à votre rythme ;
  • augmentez la durée et l'intensité progressivement, selon les consignes de votre médecin ou de votre kinésithérapeute ;
  • répartissez l'effort sur la semaine, plutôt qu'une longue séance de temps en temps ;
  • signalez à votre médecin tout changement de vos symptômes.

Les séances de kinésithérapie se font sur prescription médicale : notre article sur l'ordonnance et le remboursement vous explique les démarches.

Quand consulter ?

L'Assurance Maladie conseille d'appeler votre médecin si :

  • vous êtes essoufflé, votre respiration est sifflante et votre état se dégrade rapidement ;
  • votre toux est plus profonde et plus importante que d'habitude, ou vous crachez en toussant ;
  • vous avez de la fièvre ;
  • des œdèmes (gonflements) apparaissent ou augmentent au niveau des jambes ;
  • vous avez perdu connaissance à la fin d'une quinte de toux ;
  • votre traitement semble moins efficace qu'avant.

Attention : appelez immédiatement le 15 si l'essoufflement vous empêche de parler ou de finir vos phrases, si vos lèvres ou vos ongles deviennent bleutés, si vous êtes en sueur, agité ou confus, ou si votre respiration est très rapide même en position assise.

En cas d'urgence, appelez le 15 (ou le 112).

Au cabinet CR Santé

Au cabinet CR Santé, au centre de Grasse, la kinésithérapie respiratoire de l'adulte fait partie des domaines de pratique d'Alyssa Carion et de Célia Gabet ; pour un enfant, Marion Delorme pratique la kinésithérapie respiratoire pédiatrique. Les séances ont lieu sur prescription médicale, au cabinet ou à domicile dans le centre de Grasse, avec la carte Vitale et le tiers payant. Le plateau technique comprend un espace de cardio-training et de musculation, utilisé quand il est indiqué. Pour en savoir plus, consultez la page kinésithérapie respiratoire.

Questions fréquentes

Faut-il éviter l'effort quand on est essoufflé ?

Non. Éviter l'effort entretient le déconditionnement. L'activité physique fait partie du traitement de la BPCO, à un niveau adapté, défini avec votre médecin et votre kinésithérapeute.

Combien de temps dure un programme de réhabilitation respiratoire ?

Selon la HAS, un stage comporte au moins 12 séances, habituellement 20, sur 6 à 12 semaines. Il doit être suivi d'une activité physique régulière pour entretenir les acquis.

Le désencombrement bronchique, c'est pour qui ?

Pour les adultes qui ont des sécrétions bronchiques difficiles à évacuer, sur prescription. Le kinésithérapeute enseigne des techniques d'expiration contrôlée, que vous pourrez aussi utiliser seul.

Sources

  1. Comment mettre en œuvre la réhabilitation respiratoire pour les patients ayant une bronchopneumopathie chronique obstructive ?, Haute Autorité de santé, 2014 (nouvel onglet)
  2. Guide du parcours de soins « Bronchopneumopathie chronique obstructive », Haute Autorité de santé, 2019 (nouvel onglet)
  3. Prise en charge de la BPCO - Mise à jour 2009, Société de pneumologie de langue française (SPLF), 2010 (nouvel onglet)
  4. Symptômes, diagnostic et évolution de la BPCO, Assurance Maladie (ameli.fr), 2025 (nouvel onglet)
  5. Je suis brutalement essoufflé et j'ai du mal à respirer : que faire ?, Assurance Maladie (ameli.fr) (nouvel onglet)
  6. An official American Thoracic Society/European Respiratory Society statement: key concepts and advances in pulmonary rehabilitation, American Thoracic Society et European Respiratory Society, 2013 (nouvel onglet)

Article d'information générale, rédigé à partir des sources citées : il ne remplace pas l'avis de votre médecin ni une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 (ou le 112).